Le Palais et ses écuries furent érigés pour le prince Guillaume d’Orange afin de répondre au souhait de la nation de rendre hommage à la vaillante conduite de l’héritier du trône des Pays-Bas durant la bataille de Waterloo. 

 

C’est l’architecte Charles Vander Straeten (1771-1834) qui fut chargé du projet en 1815; dix ans plus tard, le bâtiment était sous toit et les aménagements intérieurs étaient entrepris. A la même époque, Vander Straeten fut déchargé de ses fonctions et remplacé par Tilman François Suys (1783-1861), qui supervisa l’achèvement des travaux. Le Palais fut occupé par le prince d’Orange (1792-1849) et son épouse Anna Pavlovna (1795-1865), sœur des tsars Alexandre Ier et Nicolas Ier, de novembre 1828 à septembre 1830, la Révolution belge contraignant alors la famille princière à regagner les Pays-Bas. 

Le bâtiment fut mis sous séquestre d’octobre 1830 à décembre 1839. Durant cette période, un bataillon de grenadiers occupa les écuries et le public fut autorisé à visiter le Palais.

Après la cession du bâtiment à l’État en novembre 1842 et le renvoi du mobilier qui s’y trouvait aux Pays-Bas, le Palais connaîtra diverses affectations qui entraîneront des modifications importantes dans l’agencement des espaces intérieurs. En 1848, la première batterie d’artillerie à cheval et le premier régiment de chasseurs carabiniers s’installèrent au rez-de-chaussée et y restèrent jusqu’en 1852. L’État belge proposa ensuite au duc de Brabant, le futur Léopold II, d’y résider, mais ce dernier refusa et il fut alors décidé d’affecter le bâtiment aux cérémonies et fêtes publiques. Les travaux de transformation, destinés à agrandir la salle centrale où devaient se tenir les cérémonies, furent confiés à l’architecte Gustave De Man (1805-1887) et achevés en 1862.

En définitive, un autre projet fut retenu et l’édifice réaménagé abrita les collections du Musée d’Art moderne avant de devenir, en 1876, le siège de l’Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique et de l’Académie royale de Médecine et de prendre le nom de Palais des Académies. D’autres académies vinrent s’y établir par la suite : l’Académie royale de Langue et de Littérature françaises fondée en 1920, la Koninklijke Vlaamse Academie van België voor Wetenschappen en Kunsten et la Koninklijke Academie voor Geneeskunde van België, toutes deux créées en 1938.

L’histoire du Palais ne s’arrête pas là : pendant toute la Première Guerre mondiale, le bâtiment fut occupé par l’armée allemande et transformé en ambulance militaire; les académies chassées en 1914 ne revinrent qu’en mars 1919. Cinquante ans plus tard, elles durent à nouveau quitter les lieux pour permettre les travaux de consolidation et de restauration du Palais consécutifs à la découverte, quelques années plus tôt, de la présence d’un champignon attaquant les charpentes de bois, le merulius lacrimans. Ces travaux, qui s’échelonnèrent de 1969 à 1976, furent placés sous la direction de l’architecte Simon Brigode (1909-1978) qui étudia les plans d’origine et rendit à certaines salles un aspect proche de celui qui était le leur au début du XIXe siècle. 

Contemporaines du Palais de Guillaume d’Orange, œuvre des mêmes architectes Vander Straeten et Suys, les écuries occupent la partie sud des jardins. Annexes de la résidence princière, elles connurent le même sort que le Palais après la Révolution belge : mise sous séquestre et transformation en caserne. Une extension semi-circulaire, la rotonde, viendra agrandir le bâtiment en 1859. Une deuxième intervention eut lieu en 1865 : le manège reine Marie-Henriette, vaste construction métallique, fut élevé dans la cour intérieure par Gustave De Man. Cette année-là également, l’édifice reçut sa dénomination officielle d’Écuries royales. Il gardera cette affectation lorsque les académies viendront s’installer dans le Palais en 1876. 

À partir de 1911, les écuries firent également fonction de garage pour le parc automobile de la famille royale.

En 1962, le roi Baudouin mit le bâtiment à la disposition des Académies afin qu’elles puissent y installer leurs bibliothèques, avant de le leur céder complètement en 1966. De très importants travaux de restauration, respectant le projet original mais tenant compte des besoins futurs, furent réalisés au début des années nonante

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